Vous l’avez sûrement vue, la vidéo des voeux en chinois de Maurice Lévy, PDG du Groupe Publicis.

Un choix judicieux, dans la mesure où la Chine est un des marchés les plus prometteurs en terme de business pour le Groupe, qu’il vient de faire l’acquisition d’une société chinoise de RP de premier plan.. et que le chinois est la langue la plus parlée au monde. Une façon de souhaiter la bienvenue à tous ces nouveaux salariés et de réaffirmer la dimension internationale du groupe.

Postée un peu partout, elle fait le buzz !

Les commentaires ne sont pas tous très positifs, mais ça, ça fait partie du jeu. Il faut tirer un coup de chapeau à son auteur, qui a déjà fait la preuve de sa créativité l’année dernière avec ses voeux en ligne en français et en anglais.

Je me suis juste interrogé sur 2 choses.

Le Nouvel An chinois ne tombe pas le 31 décembre. Il est flottant, et cette année ce sera le 3 février 2011. Comment vont réagir les salariés chinois ?

Et surtout, les sites de partage sur lesquels la vidéo a été postée  – Youtube notamment – sont interdits en Chine. De même que Facebook et Twitter, qui sont des amplificateurs incontournables !

Je ne doute pas que les salariés chinois auront d’autres canaux pour voir la vidéo des voeux, ne serait-ce que via l’intranet du Groupe.

Si je partage ici ces réflexions, c’est pour que nous n’oublions jamais un des fondamentaux de nos métiers : le choix d’un média doit aussi – et d’abord – garantir de toucher sa cible. Même – et peut-être surtout – avec l’internet. On passe trop souvent à côté de cette évidence pour ne pas profiter de l’occasion pour le rappeler.

Dans ce cas d’espèce, la muraille de Chine électronique est bel et bien une réalité. A l’heure de la globalisation des échanges et de la mondialisation de l’économie, internet ressort comme un des média les mieux placés en terme de rapport prix/efficacité. Mais en tenant compte des contraintes propres à chaque cible.

Meilleurs voeux à tous !

Je ne saurais pas compter le nombre de fois où j’ai entendu cette ritournelle autour de moi… Le buzz, c’est une vraie tarte à la crème. Sauf que cette année, j’en ai vécu un de l’intérieur. Voici comment s’est propagée, étape par étape, la rumeur sur la création du pont le plus long du monde entre La Corse et le continent. Voici l’histoire en 4 actes du New Marseille Calvi.

LE CONTEXTE

La Compagnie Méridionale de Navigation, challenger de la SNCM et de Corsica Ferries, nous a demandé d’imaginer un dispositif original et abordable pour créer de la notoriété sur la ligne Marseille Calvi. Avec des moyens limités – par rapport à ceux de ses concurrents – pas question d’entrer dans des schémas classiques d’affichage ou de TV. Il fallait trouver autre chose.

ACTE 1 / Amorcer le buzz avec une idée ‘énorme’ qui ne peut pas passer inaperçue

Un architecte canadien mégalomane qui se dit visionnaire explique dans une vidéo son projet fou : bâtir un pont entre Marseille et Calvi. Plus de 280 km d’asphalte sur l’eau, 2 îles intermédiaires, un budget du double de celui du tunnel sous la manche, l’emploi des dernières techniques de stabilisation… ‘Il ne faut plus parler de pont mais de lien’ conclut la vidéo.

Objectif numéro 1 : rendre le projet crédible.

Postée sur Youtube et Watt TV début avril, la vidéo est rapidement reprise par de très gros sites de buzz : chauffeur de buzz, tijuana.fr, marseille.tv.

La vidéo renvoie sur le site de l’architecte qui porte de projet du pont, qui lui-même renvoie sur le profil Facebook de l’architecte qui compte ‘déjà’ plus de 130 amis. Le site est hébergé au canada, pour éviter tout risque de fuite.

Le New Marseille Calvi s’installe dans le paysage du web français.

Une deuxième vidéo est rapidement mise en ligne et exclusivement consacrée aux images du projet.

Pour donner le maximum de crédibilité au projet, un contenu spécialement rédigé est publié sur Wikipédia.

ACTE 2 / Initier la polémique et l’entretenir

Immédiatement après l’amorçage, un groupe d’opposants au projet piloté par l’agence voit le jour sur Facebook : « 50 000 personnes contre le pont vers la corse ». Il renvoie vers le blog des opposants, créé pour l’occasion.

La rumeur montante ne tarde pas à intéresser la presse en ligne, qui commence à écrire des articles sur le sujet : le post.fr, corsematin.fr, starwizz.com, econostrum.info

Les articles sont rédigés à partir des vidéos, du site de l’architecte, du profil Facebook des opposants, du blog des opposants.

La polémique se développe entre les ‘pour’ et les ‘contre’ le pont sur Facebook, Twitter, le blog des opposants, sur les commentaires des articles postés.

ACTE 3 / La pression maximale

Mais le premier à réaliser une vraie interview du ‘faux architecte’ est marsactu.fr qui titre : « L’homme qui veut construire un pont entre Marseille et Calvi existe, nous lui avons même parlé ». Pour sécuriser au maximum l’opération, une ligne de téléphone mobile a été ouverte auprès d’un opérateur… canadien !

A partir de là, de doute s’installe : et si c’était vrai ?

Dans la foulée, un deuxième article du post.fr rédigé à partir d’une interview également. Il scelle définitivement le succès du buzz.

Seul le JDD.fr est sceptique, mais son article renforce la rumeur et consolide de référencement.

Dès lors c’est la déferlante : pas moins de 80 sites de blogueurs et d’info en ligne parlent du projet de pont, trustant au plus fort du buzz les 6 premières pages de résultat sur Google pour la requête « Pont Marseille Calvi ». L’internet Corse s’empare du sujet avec des reprises sur corsematin.com, econostrum.info, corsicanews.net notamment. Même un blog de supporters de l’OM traite du sujet !

France 3 Corse y consacre une chronique de 5 minutes dans son émission Ma Corse me Suit Partout.

La vidéo compte plus de 10 000 vues, le groupe Facebook presque 500 personnes, parmi lesquelles des sympathisants de la compagnie concurrente la SNCM.

L’opposition devient virulente ! La pression est maximale !

ACTE 4 / La révélation

15 jours après la publication de la première vidéo, le temps de la révélation est venu.

Une nouvelle vidéo est postée sur Youtube et Watt TV : ‘Mieux qu’un Pont, La Méridionale ! »

Le blog des opposants est totalement ré-habillé et devient le blog officiel de l’opération.

Les blogueurs et journalistes qui avaient écrits des papiers sont contactés.

En 24 heures, la révélation est déployée. Les sites de presse en ligne saluent l’opération : Le post.fr, corsematin.frmarsactu.fr, econostrum.info.

Le profil Facebook des opposants continue d’acquérir des fans.

ET LE MEILLEUR POUR LE FIN

3 mois après, France Info s’empare du sujet pour en faire un cas d’école dans sa chronique ‘Le vrai du faux’. A écouter absolument !

Dans le cadre de LeWeb2010, j’ai assisté toute la matinée du jeudi 9 décembre aux ateliers Facebook, et je ne le regrette pas !

Le Web 2010 atelier FacebookAu delà de l’ambiance – très conviviale – et de la participation ‘massive’ – la moitié des gens dans la salle était debout – les présentations et les échanges ont été riches d’enseignement. Voici le plan de Facebook pour installer silencieusement sa domination sur le web.

La killer application : the Like Button

Selon Ethan Beard, Facebook’s Developer Network Director – et ancien de Google –  on dénombre 250 millions d’utilisateurs des différents outils de connection externes de Facebook, incluant Facebook Connect, the Like Button et autres formes de social plugins (comme les Facebook Badges par exemple). Ils étaient 60 millions en février 2010. 2 millions de site web utilisent Facebook Connect, 10 000 nouveaux sites par jour. Et c’est ça l’arme fatale de Facebook !

En offrant de poser gratuitement ce fameux Like Button partout sur le web, Facebook vise à ramener dans son Social Graph l’ensemble du web mondial. Autrement dit, à inventer un nouveau paradygme de compréhension du web où tout devient social. Voila en quelques sortes le modèle d’indexation de Facebook. Et les arguments en sa faveur ne manquent pas : plus de problèmes de contenus non-indexables, plus de questions sur le classement des résultats, le Page Rank – tout ce qui en somme fait débat chez Google est mis à mal par la dimension sociale défendue par Facebook. The world has gone social.

Si on ajoute à cela la géolocalisation avec Facebook Places et le volet couponing/promo avec Facebook Deals (en version Béta pour le moment aux Etats-Unis seulement), tout est fait pour attirer et retenir l’internaute sur Facebook.  Pas étonnant dès lors que Facebook enregistre le temps moyen de plus élevé passé sur un site loin devant tous les autres : 5h25mn par mois, contre 1h14mn pour Google (chiffres donnés par les conférenciers).

Et l’engouement s’explique parce que Facebook offre un deal gagnant gagnant ! En posant des plugins, les marques s’offrent de formidables outils pour augmenter leur trafic. A titre d’exemple, l’implémentation du Like Button a conduit Facebook à devenir le 2ème apporteur de trafic de TF1.fr. Mieux : après lancement du plugin, Facebook apporte déjà 55% du trafic de Spotify.

Et vous, avez-vous déjà intégré des social plugins Facebook sur votre site ? Et pour quels résultats ?

Liens utiles

Toutes les statistiques de Facebook

Tout sur les Social Plugins (par Facebook)

Tout sur les statistiques (par Facebook)

Aujourd’hui j’ai décidé de partager mes réflexions sur une question que se posent souvent les petites entreprises – les small businesses : pour faire connaître leurs produits, ont-elles intérêt à investir dans la conception ou la refonte d’un site internet ? Avec la montée en puissance du web social, beaucoup se posent sincèrement la question de savoir s’il n’est pas plus pertinent pour elles de se concentrer sur la création d’une page Facebook.

Voici quelques arguments en défaveur du choix de créer ou refondre un site web :

1. Concevoir un site web prend du temps

Concevoir un web site prend du temps, et comme bien souvent une petite entreprise ne dispose pas en interne de toutes les compétences, elle doit faire appel à des compétences externes. Ce qui ne solutionne pas totalement son problème de temps, parce qu’il faut coordonner et piloter les intervenants.

2. Concevoir un site web coûte de l’argent

Dans un monde idéal, il est toujours plus séduisant de se dire qu’avec un site, on peut faire ce qu’on veut. Dans le monde réel, on peut faire ce qu’on veut à condition de dégager des budgets.

3. Faire connaître un site web prend du temps et coûte de l’argent

Une fois que votre site est en ligne, il faut le faire connaître. Ne vous imaginez pas que d’un coup d’un seul les internautes vont se ruer sur votre site et que votre trafic va exploser, même si vous avez fait les choses dans les règles de l’art pour l’optimiser pour les moteurs de recherche. Acquérir de la visibilité dans les moteurs de recherche est un travail de longue haleine, sauf à investir dans une campagne de liens sponsorisés qui pourra booster votre audience de suite… le temps de la campagne. A condition d’acheter des clics.

A l’inverse, voici quelques arguments en faveur de la création d’une page Fan dans Facebook :

1. Le résultat est immédiat

Créer une page Fan ne prend que quelques minutes. Vous n’avez besoin de personne pour le faire. Quelques minutes de plus pour informer vos amis avec les outils de Facebook, et vous atteignez très vite 25 fans. A partir de là, vous êtes autorisé à disposer d’une url personnalisée avec le nom de votre marque ou de votre produit : facebook.com/monproduit. Cette url est très communicante, facilement mémorisable. Et cela gratuitement. Réserver un nom de domaine est payant, et il n’est pas actif de suite.

2. Les fonctionnalités existent déjà

Facebook permet de poster des photos et des vidéos, de publier des commentaires, de partager des contenus, de gérer des événements, d’inviter des amis, de chatter ou d’envoyer des messages privés. Tout cela gratuitement. Mieux : avec le lancement de Facebook Places et de Facebook Deals (disponible aux Etats-Unis pour le moment mais annoncé pour bientôt dans d’autres pays), vous pouvez d’ores et déjà monter des opérations promotionnelles basées sur la géo-localisation des mobinautes. Une opportunité de lier votre démarche dans le web social avec votre chiffre d’affaires si vous disposez d’un point de vente physique. Et tout cela gratuitement. Imaginez ce que coûterait le développement de toutes ces fonctionnalités sur votre propre site web.

3. La personnalisation reste possible

Un des freins fréquemment avancés contre les pages Facebook est qu’il n’est pas possible de leur donner le look & feel que l’on veut. Toutes les pages se ressemblent, avec la même barre de navigation, les mêmes fonctions, le même aspect visuel.

En réalité ce n’est pas exact. Il est possible – et je vous conseille de le faire – de créer des onglets supplémentaires personnalisés vers lesquels vous allez orienter les internautes qui ne sont pas encore Fans. En créant un onglet personnalisé, vous pouvez augmenter très fortement l’attractivité de votre page. Ceci suppose de savoir programmer en langage FBML. Si vous ne maîtrisez pas ce langage, vous pourrez confier cette prestation à un développeur ou une agence pour quelques centaines d’Euros. Mieux vaut investir dans cette prestation que de dépenser des budgets pour faire développer des fonctionnalités qui existent déjà – et gratuitement – dans Facebook. Si vous voulez vous créer une base de données d’adresses E-mail, vous pouvez également développer un formulaire dans un onglet personnalisé.

4. Facebook est un environnement sécurisé

L’argument n’est pas négligeable. Facebook est un environnement plus contrôlé que le web ouvert. Pour devenir Fan, vous devez disposer d’un compte sur Facebook, et vous êtes identifié quand vous prenez la parole. De plus la communauté Facebook – les fans de votre page, les vrais – veillent au grain et seront prompt à réagir en cas d’attaque injustifiée pour prendre votre défense.

Par ailleurs, sur le plan de la sécurité informatique, Facebook est beaucoup mieux protégé que votre site web hébergé sur un serveur mutualisé lambda, même si celui-ci revendique une forme ou une autre de sécurisation. Au moindre problème, une armée d’ingénieurs de Facebook se mobilise à sa résolution. J’ai fait l’expérience de devoir faire face à une attaque du serveur sur lequel nous hébergeons les sites de nos clients. Si vous n’avez pas un contrat prévoyant une intervention de l’hébergeur sur ce genre de problème – et ces contrats coûtent très chers – vous être livrés à vous-mêmes ! Mais pour le client, c’est vous le responsable !

5. Facebook est LE réseau social par excellence

C’est peut-être le plus important sur Facebook. Avec 500 millions de comptes actifs, Facebook est le plus gros réseau social du monde. Si c’était un pays, ce serait le 3ème pays au monde par le nombre d’habitants. A chaque fois qu’un Fan interagit avec votre page – soit en postant un commentaire, soit en exprimant un like – tous ses amis le voient sur leur mur. Et la notoriété de votre marque se renforce ! Une personne ayant en moyenne 120 amis sur Facebook, ce sont donc 120 personnes qui potentiellement peuvent voir un de leurs amis parler de votre marque ou de votre produit.

6. Facebook propose un service de publicité

Si vous voulez donner un coup de fouet à votre visibilité, vous pouvez mettre en oeuvre une campagne de publicité dans Facebook. A partir de la console d’administration des campagnes de publicité, vous pouvez en quelques clics bâtir une campagne simple et efficace et en suivre les performances. L’objectif pour vous sera de recruter de nouveaux fans, qui à leur tour seront des agents de viralité pour votre marque ou votre produit. Si vous voulez professionnaliser la démarche, vous pouvez faire appel à un spécialiste du marketing en ligne ou à une agence média web qui pourra vous aider dans la création, le ciblage et le monitoring de votre campagne. Le coût de ce service sera inférieur au coût de création ou de refonte d’un site.

Alors quels sont les arguments en défaveur de la page Facebook comme levier digital exclusif ?

1. Vous contribuez à augmenter la popularité et l’hégémonie de Facebook

J’entends souvent cet argument : plus on créé de profils et de pages dans Facebook, plus on renforce l’importance du réseau social et plus on créé de la Facebook Dépendance. C’est vrai, comme il est tout aussi vrai que quand vous achetez un PC vous augmentez la part de marché de Microsoft dans les système d’exploitation, les suites bureautiques avec Office, les navigateurs avec Internet Explorer… et quand vous achetez un Iphone vous augmentez la pénétration du terminal Apple sur le marché des smartphones… J’ai envie de dire : et alors ? A partir du moment ou cela est bon pour votre business, pourquoi s’en priver ? Si Facebook m’aide à faire connaître et à vendre les produits mieux qu’un autre site, peut-être que Facebook mérite de devenir incontournable et de dominer le monde du web social…

2. Et si Facebook disparaît ?

Voila une vraie question : si vous concentrez tous vos efforts sur une page Fan Facebook, et que Facebook disparaît, vous perdrez tout. C’est vrai. On ne peut pas écarter cette éventualité, même si, aujourd’hui, le risque de disparition de Facebook est minime. Et d’ici que cela se produise, vous aurez quand même réussi à fédérer une communauté de Fans et à augmenter la notoriété de votre produit ou service.

En réalité, la question se pose si vous avez une perspective long terme, voire très long terme. On ne sait pas où en sera Facebook dans 7 ans, 10 ans, 15 ans. Mais d’ici là, vous devrez aussi vous poser des questions sur votre propre site web : sera-t-il toujours pertinent ? A jour techniquement ? Dans les tendances sur le plan du design ? Pas de certitudes là non-plus.

3. Vous passez à côté du référencement naturel, vous perdez le bénéfice des backlinks, vous ne pouvez pas imposer une image de marque totalement personnalisée

Tout cela est également vrai. Mais là encore, il faut mettre en rapport les ressources à mobiliser pour atteindre tous ces objectifs. Pour donner des résultats visibles, le référencement naturel prend du temps, demande beaucoup d’énergie pendant et après la construction de votre site. Si vous êtes un small business, vous n’aurez pas forcément le temps et les moyens nécessaires pour y parvenir.

Si vous êtes un entrepreneur individuel ou une petite entreprise, vous devez donc bien passer en revue tous ces arguments avant de vous prendre une décision.

Et vous, quel choix avez-vous fait ou pensez-vous faire pour vous lancer ?

Quelques liens utiles

Allfacebook, le site d’information sur tout Facebook : statistiques, news, cas… une mine d’or

Social Bakers : d’autres statistiques sur Facebook

La page Facebook Pages : tout sur les pages Facebook par Facebook

La page Facebook Marketing Solutions : pour échanger et partager sur le marketing dans Facebook, tenu pas des salariés de Facebook

Les 8 et 9 prochain aura lieu Le Web, la conférence créée par Loic Le Meur, à laquelle je me rends pour la première fois.

Je profite de cette actualité pour partager avec vous quelques passages de notre rencontre le 15 novembre dernier dans le cadre de la soirée Tweet n’Shout organisée par le CJD Marseille et MedMultimed.

On ne présente plus Loic Le Meur, le fondateur de Seesmic installé depuis 4 ans dans la Silicon Valley.

Je vous livre ici ce que j’ai retenu des échanges sur le Personal Branding :

1. Adopter un mode de relation ouvert, sincère, vrai.

2. Etre actif, et assidu.

3. Multiplier les réseaux et les lieux d’expression en les faisant se renvoyer les uns aux autres.

4. Le plus important : choisir un domaine que l’on connait bien, l’expliquer sous une ou des formes de contenus différentes (textes, vidéos…) et le partager. L’objectif visé étant de se forger une image de spécialiste, d’expert du domaine en question.

La valeur d’une marque personnelle se mesure à l’influence qu’elle a sur la toile : le nombre de gens qui me citent, le nombre de mes tweets re-tweetés, le nombre de fois où un article est partagé…

Loic a ainsi créé une série de vidéos sur le thème du Personal Branding, dans lesquelles il explique comment construire son image de marque personnelle sur le web. Je vous invite à les regarder, leur auteur n’est pas n’importe qui. Il a été reconnu récemment par Business Week comme faisant partie des 25 personnes les plus influentes sur le web.

Pour mon premier billet, j’ai choisi de partager ma dernière expérience d’une campagne de publicité sur Facebook.

Contexte

La campagne a été déployée de début septembre à mi-octobre dans 4 pays : France, Royaume Uni, Allemagne, Etats-Unis. L’objectif : augmenter le nombre d’inscriptions à un défi de natation mondial organisé par une marque d’équipements de natation en faveur de la lutte contre le cancer.

Le concept ‘The more you swim the more you help fight cancer‘ proposé par la marque repose sur un duel de natation Hommes Femmes basé sur le temps de natation, chaque camp nageant pour augmenter la part du don qui revient à la fondation pour la recherche contre le cancer qu’il défend.

L’inscription se fait sur un site internet dédié que nous avons développé en 5 langues, où chaque participant peut entrer ses temps de nage, suivre ses performances cumulées, créer ou rejoindre une équipe et voir tous les classements en temps réel, ainsi que la part du don qui revient à son camp.

Compte-tenu du temps très court dont nous disposions pour recruter, et des moyens relativement faibles dont nous avons disposé, nous avons choisi un modèle au cpc (coût par clic). Je lisais récemment les propos d’un expert en marketing en ligne qui écrivait que le choix du cpc était le choix des feignants (the choice for lazy marketers) , et il a raison. Il faut commencer par le cpm (coût pour 1000 affichages avec publicité) pour tester ses annonces, et ensuite passer au cpc.

Pour chaque pays, nous avons créé au moins 3 annonces.

Ce qu’il faut retenir

Avec 8801 clics pour 20 632 634 impressions, le taux de clic global (CTR ou Click Through Rate)  ressort à 0.043%, dans le haut de la fourchette des taux de clic moyens observés pour une campagne publicitaire sur Facebook.  Cela peut paraitre faible, mais ne vous attendez-pas à des taux beaucoup plus élevés, même si le taux de clic pour le Royaume Uni a été le plus fort : 0.067%. Les internautes sur Facebook ne sont pas en situation de recherche,  leur attention est donc beaucoup moins grande que s’ils sont sur un moteur de recherche qui leur propose des liens sponsorisés. Les taux de clics moyens en keyword marketing s’établissent du reste entre 1 et 2%.

En terme de coût, le cpc moyen ressort a 0.34 Euro. Au passage, nous avons bien vérifié que, comme dans le programme de liens sponsorisés de Google, Adwords, le cpc est inversement proportionnel au CTR : plus vos annonces cliquent, moins vous payez cher le clic. Le cpc du Royaume Uni ressort à 0.28 Euro. Il faut aussi noter que le cpc observé a toujours été inférieur à l’enchère proposée par Facebook. Du reste, on peut s’attendre à une baisse des tarifs de Facebook puisque le média social vient d’annoncer que désormais, ce ne sont pas 3 mais 4 publicités qu’il pourra distribuer simultanément.

En terme ce création, ce sont toujours les mêmes annonces qui ont obtenu les meilleurs taux de clic, celles dont l’angle était la lutte contre le cancer (vs le duel de natation homme femmes ou le duel à la piscine). Cela s’est vérifié dans les 4 pays dans lesquels la campagne été déployée sans exception.

Avec un budget média de 3017.46 Euros (précisément !) nous avons donc acheté 8801 clics.

Quid des performances par rapport à l’objectif visé ? Avant la campagne, le nombre d’inscrits ressortait à 2770. A la fin de la campagne, il était de 4 011. Soit une augmentation de 1 241, +44%. Malheureusement nous n’avons pas pu mettre en oeuvre la solution de tracking offerte par Facebook pour les campagnes cherchant à promouvoir une page ou un site à l’extérieur de Facebook, il s’agit d’une version beta et pour une raison que nous ignorons, elle n’a pas fonctionné. Nous ne pouvons donc que faire une estimation du taux de conversion. Nous avons considéré qu’il était le plus juste de retenir dans notre calcul les inscriptions excédentaires au nombre moyen d’inscriptions observé depuis le lancement du défi jusqu’au début de la campagne. A raison de 5 inscriptions par jour en moyenne pour 6 semaines de campagnes, cela représente 210 inscriptions qui auraient eu lieu en temps normal, hors campagne. Les inscriptions additionnelles générées par la campagne ressortent alors à 1031. Le taux de conversion ressort alors à 11,7%. Et le coût par inscrit à 2.9 Euro.

En conclusion

1. Le plus important, soignez la création ! Contrairement à ce qu’on pourrait penser, la création est le critère le plus important pour la réussite d’une annonce. Une annonce mal conçue – une image qui ne se voit pas, un titre ou un texte mal écrits – ne cliquera pas et sera vite mise en sommeil. Au départ, vous ne savez pas quelle est la meilleure ‘créa’, c’est pourquoi il faut préparer et tester plusieurs créations dès le démarrage et surveiller les premiers pas de chaque annonce dès le lancement

2. Ne vous attendez pas à des taux de clic élevés. Un taux  de 0.05% est une performance très correcte.

3. Il est essentiel d’optimiser les campagnes en écartant les annonces qui ont les taux de clic les plus faibles pour ne pas pénaliser le CTR. La recherche d’un taux de clic élevé est un objectif central dans vos campagnes car il conditionne le cpc.

4. Idéalement commencez au cpm qui est forcément inférieur au cpc pour tester vos annonces, puis une fois fixé sur celles qui performent, passez au cpc.

5. Adressez-vous toujours aux internautes dans leur langue. Une des annonces pour l’Allemagne contenait un visuel en anglais. Au lancement, son CTR stagnait à 0.025%. Cette image a été modifiée et proposée en Allemand. Le CTR a bondit dans les 20 minutes qui ont suivi à 0.08%.

6. Tout est lié. La page Fan du challenge a aussi bénéficié de la campagne, le nombre de fans a augmenté de 40%.

7. Si vous voulez que votre campagne dure dans le temps, il faut renouveler vos annonces. La durée de vie d’une annonce est limitée, elle peut être très courte, notamment si votre cible est étroite. Si vos annonces ne cliquent pas ou plus, Facebook va les mettre de côté, diminuer leur distribution au profit d’annonces plus performantes. Vous aurez du mal à la relancer, même en modifiant le ciblage. Le mieux est donc de lancer de nouvelles annonces.

8. Avec un budget relativement faible, il est possible d’atteindre des résultats tangibles. Le nombre d’inscrits a augmenté de 37% avec la campagne.

Bon à savoir : si vous vous lancez par vous-même dans une campagne de publicité sur Facebook pour la première fois sachez aussi que Facebook limite le montant quotidien de dépense autorisé pour tout nouveau compte. Aussi, si votre objectif est de frapper un grand coup en un temps très court, vous serez pénalisé car vous ne pourrez pas excéder ce plafond de dépense pendant plusieurs jours.

Voici mon blog. Je parts de zéro… enfin pas tout à fait. Je vais partager ici mes 15 années d’expérience dans la communication corporate et interactive. Des histoires de clients, des cas, des retours d’expérience, des échecs et des succès. Ma vie professionnelle côté back office en quelques sortes. Premier billet au plus vite.